Post Premier: Gratitude & Remerciements

Katharine Hepburn disait:

Je ne perds jamais de vue que le seul fait d’exister est une chance.

Elle aurait pu ne pas exister. On aurait pu ne pas exister. Ou on aurait pu se retrouver chacun tout seul sur une planète rien que pour soi. L’Univers est d’une immensité telle, ce n’est pas les planètes qui manquent.

Mais on est tous là — du moins à ma connaissance — sur cette planète, à survivre ensemble, à vivre ensemble, à mieux vivre ensemble.

J’aurais pu ne pas exister. J’aurais pu passer à côté de quelque chose, j’aurais pu ne pas être là où je suis, devenir ce que j’aurais pu être, évoluer dans un certain sens qui donne plus de sens à cette perception que j’ai de l’existence.

J’aurais pu ne pas…

Mais voilà, j’existe, je suis conscient de ma propre existence.

Je suis.

Et non seulement je suis, mais en plus, je suis en mesure d’apporter un petit quelque chose au monde qui a l’amabilité de m’accueillir, de me recueillir.

Et j’en suis reconnaissant, et j’apprends à exprimer cette gratitude que je garde tout au fond de mon coeur, et je commence, et je me lance.

Ma gratitude & mes remerciements vont vers:

  • Institut Français de Madagascar: sans qui je n’aurais pas eu ce goût précoce pour la lecture et l’écriture quand ça s’appelait encore CCAC (Centre Culturel Albert Camus) et sans qui je n’aurais pas pu m’exprimer, en tant qu’artiste dans bien des sens du terme. Une pensée particulière pour Denis Bisson, inspiring directeur de l’IFM, et G. Brunet sans qui je… Au fait, pour bien exprimer ce que je ressens, ainsi que mon point de vue, s’il n’y avait qu’un nom à retenir, ce serait G. Brunet.
  • Joël Andrianomearisoa: ceux (et surtout celles) qui me connaissent d’assez près de l’époque fin XXe début XXIe siècle savent que j’en étais fan (je le suis toujours). Pour moi, c’est LE poète malgache de cette époque-ci, poète dans le sens spleen (donc pur) du terme, un poète qui a eu la présence d’esprit (comprendre la folie) de me donner ma chance lors du 30 et Presque-Songes (là où tout a commencé pour moi quand j’y pense).
  • Le Centre de Ressources des Arts Actuels de Madagascar où a eu lieu ma première exposition individuelle intitulée “Si Jean-Joseph Rabearivelo était une bonne soeur”. Faire se rejoindre humour, suicide, prince des poètes, disney et bonnes soeurs (je tiens à souligner que je les respecte profondément et sans ambiguïté), le tout dans une atmosphère où uchronie et voyeurisme non éhonté se tiennent par la main. Entre art et entertainement, en quelque sorte (et déjà, j’entends d’ici — amusé — les cris au scandale).
  • Les Inachevés et son créateur Moïse Touré, pour la Nuit Malgache, dans le cadre du Sommet de la Francophonie, transformant l’Institut français en une fabrique, avec Christiane Ramanantsoa, Henri Randrianierenana, Géraldine Leong Sang, Harivola Rakotondrasoa, Rina Ralay-Ranaivo, Rijasolo et — vous l’avez deviné — moi (entouré d’une équipe formidable, j’en parlerais bien assez tôt).
  • Soratra.org, une initiative pour la littérature de Soamiely Andriamananjara et de sa femme Mialy, je me plais à penser que notre rencontre 2.0 a insufflé le renouveau de la littérature malgache en langue malgache (ou est en train de le faire, du moins, je me plais à penser que, c’est déjà ça). Puis, je trouve que Soamiely est un des écrivains qui incarne ce renouveau, à bien des égards, il s’aligne aux côtés des plus grands écrivains de cette grande île. En plus, ça l’fait trop d’être publié par une petite maison d’édition basée à Washington DC *sourire joker* (car en effet, pour celles et ceux qui ne le savent pas encore, j’ai sorti un roman SF en malgache qui s’intitule LISY MIANJORIA).
  • Les Jeux de la Francophonie qui ont eu la bonne idée d’intégrer la littérature, car voyez-vous, lors des Jeux d’Abidjan, j’ai représenté Madagascar et l’Océan Indien. Je n’ai pas eu, hélas, de médailles. Pour ma défense, ils étaient bien mieux préparés que moi et portaient plus en amour cette langue qui est la nôtre. Ils étaient donc meilleurs. Tout simplement. Et j’ai bien appris de cette défaite (qui en est une mais à la fois qui n’en est pas tellement une dans le sens où compétition est un mot que je ne comprends que si peu). Tout de même, j’ai présenté une nouvelle SF trash teintée d’humour noir qui ne plait pas forcément à tout le monde…
  •  Rencontre du film court Madagascar et son directeur Laza, Interfilm et son directeur Heinz Hermanns, Art-on-the-run Filmschool Berlin, tous les partenaires (que je serais enchanté d’énumérer), ainsi que ma co-réalisatrice Johana R, pour cette opportunité merveilleuse qu’était le fait d’apprendre comment faire un film auprès de classmates formidables venus du monde entier au coeur d’une ville qui m’a particulièrement marquée – Berlin.
  • Zoromanga, je ne peux en dire plus, pour des raisons pas du tout rationnelles ni valables d’ailleurs.
  • A vous, à toi, car que seraient les mots sans les yeux qui les lisent, que seraient les pages sans les doigts qui leur font la bise, que seraient les idées sans les synapses qui sourient au son cheese et que serait l’art sans l’émotion et l’analyse.

Cette liste est sûrement incomplète, à toutes les personnes avec qui j’ai eu l’occasion de collaborer, je vous en suis reconnaissant, je serais honoré de vous citer si le coeur vous en dit, ceci est le Post Premier. Et pour les réclamations, dès fois j’oublierais un nom qui doit impérativement se trouver sur cette liste, veuillez me contacter au plus bref délai, je trouve l’ingratitude immonde et je porte une attention particulière à montrer ma reconnaissance – chose qui fait tellement défaut à mon cher et tendre pays ces dernières décennies…

Ah oui, sinon, je lance une newsletter. Dans votre boîte aux lettres, épurée, régulièrement, avec amour.

Ho avy ny teny malagasy 🙂

– M. Njo